Portraits d'opérateurs

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Roland de Boissieu, gérant de Végétal
Roland de Boissieu a repris fin 2014 la société Végétal, opérateur important du secteur des plantes en pot, à la fois importateur, distributeur et producteur. Le gérant de l’entreprise nous raconte ses premiers pas à la tête de l’entreprise, sa vision de Rungis et son intérêt pour les démarches collectives.

Ancien cadre dirigeant d’une entreprise nationale de distribution de boissons, vous avez choisi de reprendre en novembre 2014 le grossiste en plantes en pot Végétal. Pouvez-vous nous présenter cette entreprise, qui a fêté ses 25 ans d’existence en début d’année ?

Végétal est présent dans deux métiers. Le principal est celui de la distribution de végétaux. Dans ce domaine, nous avons développé deux modes de vente complémentaires : le cash&carry et la livraison. L’entreprise commercialise majoritairement des plantes, de serre froide, chaude ou fleuries, mais nous avons également développé une activité pépinière qui se développe fortement et enfin un petit secteur décoration orienté sur les accessoires liés aux plantes. Notre autre métier est celui de la production, avec l’exploitation de deux sites situés en Sologne et en Touraine. Nous y cultivons des palissades de rosiers, de jasmin, de clématites, mais aussi de l’eucalyptus, du muguet, des chrysanthèmes ou de la bruyère. Si nous sommes présents en production, c’est pour y faire vivre un savoir-faire spécifique et proposer des gammes que l’on ne trouve pas ailleurs sous la forme, notamment, de petites séries.  Globalement, l’origine France représente 20% de notre offre.

Quel premier bilan tirez-vous de cette reprise?

Même si je suis encore en phase de prise de contrôle de l’entreprise, l’évolution est positive. Sur le dernier exercice en date, le chiffre d’affaires (un peu moins de 20 millions d’€, Ndlr) est en croissance de 7%.  Nous bénéficions d’une bonne dynamique avec des équipes stables et motivées. Le facteur humain constitue en effet un élément clé dans la réussite de l’entreprise, car c’est un métier à la fois d’experts et de contact.

Quel regard un acteur récent comme vous porte-t-il sur le MIN de Rungis ?

Même si je reste encore un novice, mon impression est très positive. Il se dégage du Marché une dynamique liée à la diversité de ses acteurs. Je suis également frappé de constater que Rungis est un environnement de passionnés, de travailleurs, d’engagement et d’exigence. Il est important que le Marché conserve cette connotation d’excellence. Le MIN tire selon moi l’une de ses justifications du fait que ses acteurs sont hyperspécialisés dans leur domaine et pas généralistes. Bon nombre de clients viennent sur le Marché chercher le top de ce qui existe. Or pour faire du « top », on ne peut pas tout faire à la fois. Enfin je suis frappé par l’importance du contact. Dans mon précédent métier, le rapport au client était empreint de convivialité. Mais ici, il est quotidien ou quasi quotidien. Cela crée des liens particuliers, au-delà de la simple relation commerciale. Entre fournisseurs et clients, on partage vraiment notre passion au quotidien. La contrepartie, bien sûr, c’est que c’est très prenant !

Vous avez pris des responsabilités dans les organisations professionnelles de votre secteur. Pour quelle raison et quelle place accordez-vous à l’action collective dans votre métier ?

J’ai d’abord repris le flambeau de mon prédécesseur à la vice-présidence de DOPAMIN, notre association professionnelle de Rungis. Pour ce qui est de la présidence de la fédération nationale des Grossistes en Fleurs et Plantes, il n’y avait pas de candidat déclaré et il existait donc un risque que cette structure disparaisse. Je me suis proposé « par défaut », avec l’assurance que mes pairs acceptent mon peu d’expérience dans le métier. Deux personnalités se sont proposées pour m’épauler : Fabien Camus, le p-dg d’Horticash et Elodie  Baeten,  de la société horticole Baeten. Si j’ai accepté cette responsabilité, c’est que j’ai pu mesurer dans mon environnement professionnel précédent le poids des fédérations et interprofessions dans la reconnaissance et la dynamisation des métiers.

Notre première préoccupation sera de définir comment nous pouvons agir pour activer le marché des végétaux. Nous avons un rôle à jouer, en tant que grossistes, pour relayer les opérations initiées par notre interprofession Val’Hor auprès de nos clients fleuristes. Si les détaillants, qui sont au contact des consommateurs, ne sont pas correctement informés et sensibilisés par leurs fournisseurs, ces opérations n’auront pas l’impact voulu auprès des consommateurs. Selon moi, le lancement du Label Fleurs de France à Rungis l’année dernière constitue une expérience intéressante. A Végétal, dont les deux sites de production sont labellisés, nous avions balisé nos différents magasins et expliqué à nos clients l’objectif et le contenu de ce label. L’opération nous a permis de distribuer plus de 1000 kits Fleurs de France. Ce type d’initiative  valorise les fleuristes et joue positivement sur l’ensemble de la filière.

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